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Le djihadisme au Sahel

Par JC Jabouin, le 20 septembre 2026 pour Quotibrief.fr

Genèse et contexte historique

Le djihadisme au Sahel s'est enraciné à la suite de la déstabilisation de la Libye en 2011 et de l'insurrection indépendantiste et islamiste dans le nord du Mali en 2012. Initialement circonscrit au désert malien, le phénomène s'est étendu à la région des "trois frontières" (Mali, Burkina Faso, Niger), exploitant la faiblesse des services publics, les conflits communautaires et le sentiment de marginalisation des populations rurales. Malgré une décennie d'interventions militaires occidentales, incarnées notamment par l'opération française Barkhane et la MINUSMA, la violence armée s'est ancrée durablement, déclenchant une série de coups d'État militaires dans la région entre 2020 et 2023.

Acteurs et forces en présence

Le paysage combattant est dominé par deux grandes nébuleuses rivales : le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et l'État islamique au Sahel (EIS). Face à eux, les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger se sont regroupés au sein de la Confédération de l'Alliance des États du Sahel (AES). Après avoir rompu leurs accords de défense avec la France et ordonné le retrait des forces américaines et de l'ONU, les juntes de l'AES s'appuient désormais sur des partenariats sécuritaires renforcés avec la Russie (via le Corps africain) ainsi que sur la mobilisation de milices ou de corps auxiliaires citoyens.

Enjeux stratégiques et systémiques

L'enjeu central réside dans le contrôle territorial et l'accès aux ressources économiques (orpaillage clandestin, axes de contrebande, élevage). La persistance des attaques engendre une crise humanitaire critique, marquée par des milliers de victimes, la fermeture d'écoles et le déplacement de millions de personnes. Sur le plan géopolitique, l'ancrage djihadiste menace la stabilité du golfe de Guinée (Bénin, Togo, Ghana, Côte d'Ivoire), où les incursions depuis le sud du Burkina Faso se multiplient. Le retrait des pays de l'AES de la CEDEAO redessine l'architecture de sécurité régionale, tandis que les flux migratoires transsahariens demeurent fortement impactés par cette instabilité.

Perspectives et lignes de fracture

La principale ligne de fracture oppose la réponse exclusivement militaire des juntes de l'AES à la nécessité d'une gouvernance inclusive et d'un développement local. Les perspectives reposent sur la capacité des forces armées nationales à contenir l'expansion des groupes armés vers les centres urbains et les zones côtières. Sans réintégration des services de l'État et sans résolution des fractures intercommunautaires, la réponse sécuritaire risque d'alimenter un cycle durable d'insurrection et de fragilité régionale.

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